Les Fragments Daliniens

Il fut un temps pas si éloigné où l’impétrant pour accéder au statut de peintre, devait emprunter un chemin initiatique sinueux teinté d’humilité comme doté de tâches les plus simples mais pourtant essentielles à la survivance de l’œuvre.
Il en allait de la préparation des peintures à partir d’éléments naturels, concassage de pierres – pour exemple lapis lazuli afin d’obtenir un bleu intense – en passant par la préparation des fonds de toile à la colle de peau de lapin.
Après bien des années ainsi vécues, l’apprenti se nourrissait de copies de maîtres anciens pour posséder au plus haut les acquis de base de cet art pictural.
Au gré de mes rencontres, cette approche s’est imposée lors de ma formation initiale. Mon maître en peinture fut et reste Salvador Dali, d’où l’idée des « fragments daliniens ». Dans cette exhumation, je trouve avec l’écrémage du temps intéressant le parcours prenant appui au préalable sur la première marche de l’évolution des savoirs, puis du stade de la copie servile à l’affranchissement progressif jusqu’à la pleine lumière de l’autonomie devant son chevalet. Et enfin éprouver la sensation de liberté de création…et peut-être tremper sa plume dans l’encrier de la peinture iconoclaste.